Les réflexes archaïques, aussi appelés réflexes primitifs, sont des mouvements automatiques, involontaires du corps en réponse à une stimulation sensorielle ou motrice (changement de position, bruit, changement de luminosité…). Il s’agit d’un programme inné propre à l’être humain. Certains réflexes apparaissent in-utero pour permettre au bébé de naître. D’autres sont activés par la naissance et d’autres encore apparaissent après celle-ci.
Pour que le développement du bébé se déroule correctement, chaque réflexe doit émerger, avoir une phase d’activité puis s’intégrer pour laisser la place à d’autres réflexes archaïques, qui se transformeront ensuite en réflexes posturaux (qui, eux, perdureront tout au long de la vie). Le mouvement réflexe laisse alors la place à un mouvement volontaire et contrôlé du corps.
Les réflexes archaïques s’intègrent principalement pendant la 1ère année de vie, mais certains réflexes ne s’intègrent que durant la 3ème année.
Dans les faits, les réflexes archaïques sont ce que teste le pédiatre à la maternité.
Vous savez, lorsqu’il penche votre bébé en le tenant sous les aisselles et que votre nourrisson se met à marcher alors qu’il n’a que quelques jours : c’est le réflexe de la marche automatique de Thomas.
De même que juste né, posé sur le ventre de sa maman, le bébé rampe jusqu’au mamelon (c’est le Ramper de Bauer); il le cherche (c’est le réflexe de fouissement) ; enfin, il le tète (c’est le réflexe de succion, indispensable à sa survie).
Ses doigts agrippent absolument tout ce qui se trouve à sa portée (vos cheveux, vos boucles d’oreille) : c’est le réflexe d’agrippement palmaire aussi appelé Grasping.
Quand on veut mettre bébé dans son berceau après qu’il se soit endormi dans nos bras, le fait de le pencher le réveille et il pleure : c’est le réflexe de Moro.
Et comme ça, il y en a plus de 70 !
Les réflexes archaïques sont indispensables pour permettre au nourrisson de survivre (naître, se protéger, se nourrir) et forment la base de notre développement moteur, émotionnel et cognitif.
A la naissance, les différentes parties du cerveau sont en place mais il y a très peu de connexions entre elles. La seule partie du cerveau qui soit pleinement mature est le tronc cérébral, capitaine des fonctions de survie (respiration, rythme cardiaque, digestion) et des réflexes archaïques. Je disais qu’à la naissance, le pédiatre testait quelques réflexes archaïques. En faisant cela, il s’assure du bon fonctionnement du système nerveux.
Le système nerveux a besoin de mouvements pour se développer. Plus le bébé va répéter les mouvements réflexes et plus cela va lui permettre de les intégrer pour avoir le tonus musculaire nécessaire pour contrôler sa tête indépendamment de son corps, pour développer le contrôle moteur de son corps lui permettant ainsi de découvrir le monde qui l’entoure. Et parallèlement, plus le bébé va répéter les mouvements réflexes, plus il va bouger, expérimenter au sol, découvrir le monde et plus il va créer des circuits neuronaux, qui vont se renforcer et myéliniser pour connecter les parties supérieures du cerveau. Tout est lié !
Le bébé développe sa motricité globale, d’involontaire et confuse, elle devient volontaire, fluide et coordonnée : il peut alors rouler puis ramper puis marcher à 4 pattes pour apprendre à trouver un équilibre postural et réussir ensuite à marcher, courir, sauter. La maîtrise de la motricité globale va permettre de développer sa motricité fine. L’intégration des réflexes archaïques permet de développer un équilibre postural.
Le jeune enfant, libre de ses mouvements qu’il contrôle, se sent en sécurité dans son corps. Il développe sa confiance en lui, dans les autres en développant sa capacité à prendre sa place, à faire des choix, à gérer ses émotions, il développe ses interactions sociales. L’intégration des réflexes archaïques permet de développer sa sphère émotionnelle.
Le fait d’intégrer ses réflexes archaïques permet de myéliniser les connexions neuronales et de connecter entre elles toutes les aires du cerveau. L’enfant est disponible pour les apprentissages, il est concentré, attentif et peut mémoriser facilement. L’intégration des réflexes archaïques permet de développer pleinement sa sphère cognitive.
Effectivement, à 3 ans, les réflexes archaïques devraient être intégrés (c’est-à-dire qu’ils ne devraient plus être visibles à l’observation). Mais ils n’ont pas disparu pour autant ! Ils sont en fait rangés dans la partie primitive de notre cerveau, le tronc cérébral, vous savez, la seule partie du cerveau mature à la naissance : le capitaine des fonctions de survie. En cas de nécessité (réel danger, accident, stress), et cela à n’importe quel moment de notre vie, les réflexes reprennent le contrôle de notre corps pour assurer notre survie, justement.
Si vous êtes dans un bus et qu’il freine brutalement, votre agrippement palmaire va reprendre le contrôle de votre main pour que vous vous agrippiez à la barre près de vous pour ne pas tomber. C’est automatique, vous ne réfléchissez pas, votre main agrippe : c’est réflexe !
C’est aussi le cas lorsque vous tombez, vous êtes capable de très vite déployer vos bras (le réflexe de parachute, qui est un réflexe de vie) pour protéger votre tête toujours sans réfléchir. C’est automatique.
Notre corps est programmé pour qu’à n’importe quel âge, ces réflexes ressortent pour nous protéger mais également dans certaines situations, nous permettre de réapprendre ce que nous avons appris bébé. C’est ce qui fait que dans certain cas d’AVC, nous puissions remarcher et/ou reparler.
Mais, parfois, les réflexes ne s’intègrent pas. Parfois même, certains réflexes ne se sont même pas développés. En fonction de différents facteurs (grossesse alitée, césarienne, cordon autour du cou, naissance avant terme, pas assez de temps au sol, trop de temps dans un transat ou un cosy etc…), ce processus de développement et d’intégration des réflexes peut s’interrompre. Alors, le corps met en place des compensations pour que les mouvements puissent quand même se réaliser. Mais cela entraîne un surcroît de travail pour certaines parties du corps, ce qui entraîne de la fatigue, des tensions, des difficultés d’apprentissages et des troubles émotionnels.
Les réflexes vont donc parasiter le fonctionnement de l’enfant. Ils vont affecter ses compétences sur le plan cognitif, émotionnel et moteur. L’enfant va mettre en place de façon inconsciente des stratégies pour bloquer le mouvement réflexe qui le parasite dans ses activités (enrouler ses jambes autour des pieds de la chaise, s’asseoir sur une fesse, se balancer sur la chaise pour pouvoir écouter) et mettre en place des compensations (tourner la feuille à la perpendiculaire pour écrire, tirer la langue quand il découpe ou écrit, suivre la ligne avec son doigt lors de la lecture).
Tout cela est inconscient mais fatigue énormément le cerveau qui met beaucoup d’énergie à contenir ce corps qui bouge tout seul. L’enfant est plus fatigable, son cerveau est moins disponible pour les apprentissages, l’enfant est moins concentré.
Moins l’enfant contrôle son corps (à cause de ses réflexes archaïques actifs), plus il est submergé par ses émotions. Et moins il contrôle ses émotions et plus les mouvements de son corps sont brusques, saccadés. On dit alors de l’enfant qu’il est « brutal, agressif ». C’est un cercle vicieux !
Je suis formée à la méthode RMTI® (Rythmic Movement Training International), méthode élaborée par Kerstin Linde (thérapeute suédoise) dans les années 70 puis développée par Harald Blomberg (psychiatre suédois) et Moira Dempsey (enseignante et kinésiologue australienne). Cette méthode éducative est fondée sur les mouvements que font naturellement les nourrissons (les mouvements passifs et actifs) et sur des pressions isométriques douces. Ces pressions sont issues des travaux de Svletlana Masgutova (Docteur en psychologie russe et fondatrice de la méthode MNRI® : Masgutova Neurosensorimotor Reflex Integration).
J’utilise donc les mouvements rythmiques passifs et actifs, des pressions isométriques (pressions douces sur le corps) mais aussi des massages, des jeux de sac de grains, du Brain Gym…
Cette méthode a pour objectif de faire redémarrer le processus d’évolution des réflexes primitifs en demandant à l’enfant de reproduire de manière douce, rythmée et en conscience le mouvement propre à chaque réflexe, jusqu’à ce que le réflexe ayant accompli le travail pour lequel il était programmé, s’intègre. Tout se fait dans la douceur et le jeu.
Les neurosciences montrent le rôle du mouvement dans le développement de l’enfant et son impact sur les apprentissages, les émotions et le comportement. Elles montrent également comment grâce à la neuroplasticité, il est possible de recréer des connexions neuronales pour rééduquer le système nerveux, à n’importe quel âge et ainsi reprogrammer les fondations posturales, émotionnelles et cognitives.
Je suis également formée en EFT (Émotional Freedom Technique) et en TFH (Touch For Health). Je peux être amenée à vous proposer d’intégrer ces techniques lors de mon accompagnement.
Lorsque les réflexes sont bien intégrés, l’enfant peut développer de manière optimale tout son potentiel dans toutes les sphères : corporelle (bonne coordination, bonne posture, capacité à se détendre…), émotionnelle (confiance en soi, bonne gestion des émotions, faire des choix facilement, bonnes interactions sociales…) et cognitive (disponibilité pour les apprentissages, concentration, attention et bonne mémorisation). Il ne perd pas son énergie à compenser et contrôler son corps et peut donc être pleinement lui-même à 100%, sans étiquette.